L’huile de bourrache fait-elle grossir ? Ce que disent les faits
Aucune étude ne relie l’huile de bourrache à une prise de graisse. Voici ce qu’apporte une gélule, d’où vient la réputation du complément et les précautions à connaître avant une cure.

Sommaire
L’huile de bourrache traîne une réputation de complément qui fait prendre du poids, alors que personne n’a jamais montré qu’elle faisait grossir. Les gélules sont prises pour des raisons précises, comme les règles douloureuses, la peau sèche ou les bouffées de chaleur, à des périodes de la vie où le poids bouge de toute façon. Le doute s’installe facilement. Voici ce que l’on sait de sa composition, de son apport calorique et des vrais effets indésirables, ainsi que les précautions à prendre avant une cure.
- Aucune étude ne relie l’huile de bourrache à une prise de graisse. Une gélule apporte de l’ordre de 5 kcal, soit presque rien.
- Les variations de poids ressenties viennent le plus souvent de troubles digestifs passagers, de la rétention d’eau du cycle ou de la ménopause.
- Aucun bénéfice sur le poids n’est établi non plus : l’huile ne fait pas partie des compléments minceur.
- Le point de vigilance est ailleurs : les alcaloïdes pyrrolizidiniques, toxiques pour le foie, que les produits de qualité font contrôler.
- Grossesse, allaitement, anticoagulants, épilepsie et maladie du foie : avis du médecin ou du pharmacien avant de commencer.
Ce qu’il y a dans une gélule
L’huile de bourrache est extraite des graines de Borago officinalis. Sa particularité est sa teneur en acide gamma-linolénique (AGL), un oméga-6 : de l’ordre de 20 à 25 % de l’huile, soit environ le double de l’huile d’onagre. Le reste est surtout de l’acide linoléique et de l’acide oléique. Comme toute huile, elle apporte 9 kcal par gramme.
Pour une gélule de 500 mg, on arrive à environ 4,5 kcal. Même avec 1 g par jour, la dose maximale que beaucoup de notices indiquent, l’apport reste à 9 kcal, c’est-à-dire moins que la moitié d’un morceau de sucre. À ce niveau, aucune prise de graisse ne peut s’expliquer par les calories. Il en irait autrement d’une huile en flacon consommée à la cuillère, qu’il faudrait compter comme n’importe quelle matière grasse.
D’où vient l’idée qu’elle fait grossir
Les troubles digestifs du début de cure
Les huiles riches en AGL donnent parfois des ballonnements, des renvois ou des selles plus molles au début. Le ventre gonfle, la silhouette change, la balance peut grimper de quelques centaines de grammes. Ce n’est pas du gras mais des gaz et de l’eau, qui disparaissent généralement en quelques jours à 2 semaines. Prendre les gélules au milieu d’un repas limite nettement ce désagrément.
Le cycle et la ménopause
Beaucoup de personnes prennent de l’huile de bourrache pour un syndrome prémenstruel ou pour la ménopause. Or ces deux périodes s’accompagnent naturellement d’une rétention d’eau et d’un gain de poids progressif, indépendants de toute cure. Quand la balance bouge juste après le début des gélules, le calendrier hormonal est un meilleur suspect que le flacon. Un carnet de suivi du poids et du cycle, sur 2 à 3 mois, permet de s’en rendre compte.
Un oméga-6 sous un mauvais jour
Les oméga-6 ont une mauvaise presse parce qu’ils sont très présents dans l’alimentation industrielle. L’AGL est pourtant un cas à part : il se transforme en molécules dont certaines sont anti-inflammatoires. La nuance échappe souvent aux articles qui mettent tous les oméga-6 dans le même panier. Pour comparer avec la famille des oméga-3, la page oméga 3 et perte de poids remet les choses à plat.
Ce que l’huile de bourrache peut vraiment apporter
Elle est surtout prise pour les symptômes cutanés (peau sèche, eczéma), les troubles prémenstruels et la ménopause. Les résultats des essais sont inégaux : quelques-uns notent un confort légèrement meilleur, d’autres ne trouvent pas de différence avec un placebo. Aucune allégation de santé n’est autorisée en Europe sur l’équilibre hormonal, la peau ou le poids pour ce complément. Attends-toi donc à un effet possible mais modeste, pas à un traitement.
Sur le poids, une petite étude a observé que des participants qui avaient perdu du poids reprenaient un peu moins en prenant de l’AGL. Les effectifs étaient faibles, les résultats n’ont pas été confirmés, et rien de tel ne justifie d’acheter ce complément pour maigrir. Son rôle, s’il y en a un, est ailleurs.
Les effets indésirables
- Ballonnements, gaz, selles molles
- Maux de tête légers
- Renvois au goût d’huile
- Nausées
- Réaction allergique cutanée
- Interaction avec certains médicaments
- Jaunisse, urines foncées, fatigue anormale
- Saignements inhabituels sous anticoagulant
- Crise convulsive chez une personne épileptique
Les précautions concernent les femmes enceintes ou qui allaitent, faute de données de sécurité, les personnes sous anticoagulants ou antiagrégants, car les acides gras de ce type peuvent interférer avec la coagulation, les personnes épileptiques ou sous certains traitements qui abaissent le seuil de convulsion, et celles qui ont une maladie du foie. Pour toute prise de médicament au long cours, le pharmacien vérifie les interactions en quelques minutes.
Choisir une huile sûre
| Critère | À vérifier sur l’étiquette | Pourquoi |
|---|---|---|
| Teneur en AGL | Pourcentage et dose par gélule indiqués | Seule façon de comparer deux produits |
| Alcaloïdes pyrrolizidiniques | Mention d’un contrôle ou d’une teneur non détectable | Substances toxiques pour le foie, présentes dans la plante |
| Extraction | Première pression à froid, huile non raffinée à haute température | Préserve les acides gras, limite l’oxydation |
| Conservation | Flacon opaque, antioxydant (vitamine E), date limite | Une huile rance perd ses qualités |
| Fabricant | Coordonnées et numéro de lot clairs | Permet la traçabilité en cas d’alerte |
Les alcaloïdes pyrrolizidiniques sont le vrai sujet de sécurité. Les feuilles et les fleurs de la bourrache en contiennent, et l’huile de graines peut en contenir des traces si le lot est mal trié. Les autorités encadrent leur présence dans les aliments, et les fabricants sérieux font analyser leurs lots. Pour comprendre pourquoi les huiles de plantes méritent cette vigilance, regarde aussi le cas de l’huile de krill et ses précautions, ou de l’huile de figue de barbarie.
Comment la prendre, concrètement
Suis la dose de la notice, en général entre 500 et 1 000 mg d’huile par jour, répartis sur 1 ou 2 prises. Avale les gélules avec de l’eau pendant un repas contenant un peu de gras, ce qui améliore la tolérance. Une cure s’évalue sur plusieurs semaines : les essais durent généralement de 8 à 12 semaines. Si rien ne change après 3 mois, il est inutile de poursuivre. Ne cumule pas plusieurs huiles riches en AGL (onagre, cassis) sans avis, et ne compte pas dessus pour compenser un déséquilibre alimentaire.
Un complément ne fait pas varier le poids, mais le sujet est lié au reste : sommeil, protéines, fibres et activité physique. La question voisine du collagène et du poids obéit au même raisonnement pour un autre complément très demandé.
Tes questions sur l’huile de bourrache
Quels sont les effets secondaires de l’huile de bourrache ?
Les plus fréquents sont digestifs : ballonnements, gaz, selles molles, parfois des maux de tête légers. Ils passent en général en quelques jours. Plus rarement, une réaction allergique ou une interaction avec un médicament. Une jaunisse, des urines foncées ou des saignements inhabituels imposent d’arrêter et de consulter.
Quand vaut-il mieux la prendre ?
Au cours d’un repas qui contient un peu de matière grasse, ce qui améliore la tolérance digestive. Le matin ou le soir importe peu, la régularité compte davantage. Une cure s’évalue sur 8 à 12 semaines. Au-delà de 3 mois sans changement, elle n’a probablement pas d’intérêt pour toi.
Est-elle utile pour la ménopause ?
Les essais donnent des résultats contrastés et aucun effet net sur les bouffées de chaleur n’est démontré. Certaines personnes s’y trouvent bien, mais cela relève du ressenti individuel. Avant de tenter un complément, parles-en à ton médecin : des traitements mieux étudiés existent, et la bourrache ne convient pas à tout le monde.
Que fait l’huile de bourrache sur le visage ?
Prise par voie orale ou appliquée en soin, elle est utilisée pour la sécheresse de la peau, grâce à son AGL. Les études sur l’eczéma sont mitigées. Une huile cosmétique se choisit sans parfum ajouté et se teste d’abord à l’intérieur du coude. Aucun résultat sur les rides n’est démontré.
L’huile de bourrache est-elle bonne pour le foie ?
Aucune preuve ne soutient cette idée. C’est même l’inverse qui doit alerter : les plantes de la famille de la bourrache contiennent des alcaloïdes pyrrolizidiniques, toxiques pour le foie, que les produits sérieux font contrôler. En cas de maladie hépatique, la bourrache est déconseillée sans avis médical.
Peut-on la cumuler avec de l’huile d’onagre ?
Les deux apportent de l’AGL, l’onagre en contient environ moitié moins. Les cumuler double l’apport sans bénéfice démontré, et augmente les risques de troubles digestifs. Si tu hésites entre les deux, choisis-en une seule, attends 8 à 12 semaines, puis évalue ce qui a changé.
Cette page s’appuie sur les sources officielles citées dans le texte. Elle ne remplace pas l’avis de ton médecin ou de ton pharmacien.


























