Quels remèdes de grand-mère pour l’arthrose du genou ?
Aucun remède de grand-mère ne guérit l’arthrose du genou, mais certains soulagent. Preuves, précautions et signes qui demandent un médecin, du mieux au moins étayé.

Sommaire
- Arthrose, arthrite, rhumatisme : de quoi parle-t-on ?
- Ce qui a le plus de preuves : bouger, se muscler, alléger le genou
- Froid ou chaud : que choisir ?
- Les remèdes de grand-mère, du mieux au moins étayé
- L’alimentation : un appui, pas un traitement
- Quels mouvements éviter ?
- Semelles, canne, stress, acupuncture, cures : ce que l’on sait
- Gérer une poussée dans les premiers jours
- Ce que le médecin peut proposer
- Aménager le quotidien pour ménager le genou
- Un appareil pour soulager la douleur ?
- Tes questions sur l’arthrose du genou et les remèdes naturels
Aucun remède de grand-mère ne guérit l’arthrose du genou : le cartilage usé ne se reconstruit pas avec une plante ou un cataplasme. Certaines astuces soulagent pourtant la douleur et la raideur, surtout quand elles s’ajoutent à ce qui a vraiment fait ses preuves : bouger régulièrement, renforcer les muscles de la cuisse et, si besoin, perdre du poids. Voici ce que l’on sait de chaque remède, de ce qui a le plus de preuves à ce qui en a le moins, ainsi que les signes qui doivent t’amener chez un médecin.
- L’exercice adapté et le renforcement des muscles de la cuisse sont les mesures les mieux démontrées par les recommandations de la HAS et des sociétés de rhumatologie.
- Chaque kilo perdu enlève environ 4 kg de contrainte au genou à chaque pas.
- Gingembre, curcuma, harpagophytum et boswellia : des effets modestes dans des essais souvent petits, et des interactions possibles avec des médicaments.
- Le froid calme une poussée gonflée, la chaleur détend un genou raide ; un genou rouge, très chaud et fébrile se voit en urgence.
Arthrose, arthrite, rhumatisme : de quoi parle-t-on ?
« Rhumatisme » est un mot de la langue courante qui recouvre des maladies différentes des articulations. Trois sont à distinguer, parce que leurs traitements n’ont rien à voir.
- Usure progressive du cartilage
- Douleur à l’effort, raideur au démarrage
- Crises par poussées, sur plusieurs années
- Inflammation de l’articulation (polyarthrite, goutte, infection)
- Douleur aussi la nuit, gonflement chaud
- Traitement médical spécifique
- Ménisque, ligaments, tendons, rotule
- Douleur après un faux mouvement ou un sport
- Examen et imagerie pour trancher
La gonarthrose, c’est l’arthrose du genou. Elle donne une douleur qui augmente à la marche, dans les escaliers ou en descendant une pente, une raideur de quelques minutes au lever, parfois des craquements et un gonflement lors des poussées. Environ 10 millions de personnes seraient touchées par l’arthrose en France, toutes articulations confondues, et le genou fait partie des plus concernées après 50 ans. Seul un médecin peut dire si ta douleur vient de l’arthrose : l’examen clinique et une radiographie suffisent la plupart du temps.
Ce qui a le plus de preuves : bouger, se muscler, alléger le genou
Quand on a mal, on a tendance à ménager l’articulation. C’est l’inverse qui fonctionne : les recommandations placent l’exercice en tête des mesures contre la gonarthrose, avant les médicaments. Marcher, pédaler, nager ou faire de l’aquagym réduit la douleur et améliore la marche, à raison d’environ 30 minutes, 3 fois par semaine, en augmentant très progressivement. Un kinésithérapeute peut construire un programme adapté.
Le renforcement du quadriceps (devant de la cuisse), des ischio-jambiers et des fessiers stabilise le genou et soulage le cartilage. Des exercices simples suffisent pour commencer : soulever une jambe tendue allongé sur le dos, s’asseoir et se lever d’une chaise, squats partiels sans douleur. Si un mouvement fait mal au-delà d’une gêne légère qui disparaît en une heure, réduis l’amplitude.
Le poids joue un rôle direct. Des travaux de biomécanique estiment qu’un kilo perdu retire environ 4 kg de charge sur le genou à chaque pas. Perdre 5 kg, quand on est en surpoids, allège donc l’articulation d’une vingtaine de kilos à chaque appui. Pour suivre ta progression sans te décourager, note ton pourcentage de perte de poids chaque semaine.
Froid ou chaud : que choisir ?
Les deux ont leur place, mais pas au même moment. Pendant une poussée, quand le genou est gonflé, chaud et douloureux, le froid calme : une poche de glace enveloppée dans un linge, 15 à 20 minutes, plusieurs fois par jour, jamais directement sur la peau. En dehors de ces poussées, la chaleur assouplit une articulation raide et détend les muscles autour : bouillotte, patch chauffant ou bain chaud, surtout le matin. Une règle simple : froid si l’articulation est gonflée et chaude, chaleur si elle est raide.
Les remèdes de grand-mère, du mieux au moins étayé
| Remède | Ce que disent les études | Précautions |
|---|---|---|
| Harpagophytum | Effet modeste sur la douleur dans plusieurs essais, qualité variable | Ulcère de l’estomac, calculs biliaires, grossesse |
| Gingembre | Petite baisse de douleur dans des essais courts | Anticoagulants ; peut irriter l’estomac |
| Curcuma | Effet modeste sur la douleur, résultats irréguliers | Cas d’atteintes du foie signalés avec des compléments concentrés |
| Boswellia | Quelques petits essais favorables, peu nombreux | Grossesse ; avis médical si traitement en cours |
| Cataplasme de chou | Un essai de petite taille favorable | Peau lésée |
| Argile verte | Pas de preuve solide ; soulagement surtout par la chaleur ou le froid | Peau lésée, irritations |
| Huile de gaulthérie | Pas d’essai solide chez l’humain pour l’arthrose | Anticoagulants, aspirine, grossesse, enfants |
| Sels d’Epsom, vinaigre de cidre | Aucune preuve | Irritations pour le vinaigre pur sur la peau |
Harpagophytum, gingembre, curcuma, boswellia
Ces quatre plantes ont fait l’objet d’essais cliniques. Les résultats montrent plutôt un petit soulagement de la douleur, rarement spectaculaire, et ils varient d’une étude à l’autre. L’harpagophytum, détaillé dans l’article sur la griffe du diable, est la plante la plus employée en France pour les douleurs articulaires, en gélules ou en extrait standardisé. Il est contre-indiqué en cas d’ulcère de l’estomac et il se discute avec un médecin si tu prends des anticoagulants ou des médicaments du cœur.
Le curcuma mérite une vigilance particulière. Seul, il est mal absorbé : associé à la pipérine du poivre noir, la biodisponibilité de la curcumine augmente nettement dans une étude ancienne, ce qui explique les compléments « boostés ». Mais l’Anses a signalé des cas d’atteintes du foie liés à des compléments concentrés en curcumine et en pipérine. Dans l’assiette (cuisine, lait végétal chaud épicé), il ne pose pas de problème ; en gélules, demande l’avis de ton médecin ou de ta pharmacienne, surtout en cas de troubles hépatiques ou de calculs biliaires.
Le gingembre se prend en infusion de racine fraîche (1 à 2 cm) ou dans les plats. La boswellia, ou encens indien, se vend en gélules ; un petit essai de 8 semaines a montré une amélioration de la douleur et de la marche, mais cela ne suffit pas à conclure. Pour toutes les plantes, les interactions avec les anticoagulants sont possibles : signale-les à ton médecin.
Cataplasmes et applications locales
Le cataplasme de feuilles de chou est une vieille recette : des feuilles de chou vert froissées, posées sur le genou et maintenues par un bandage souple. Un essai de petite taille lui a trouvé un effet sur la douleur comparable à celui d’un gel anti-inflammatoire, ce qui reste à confirmer. L’argile verte relève surtout de l’effet du froid ou de la chaleur, sans preuve spécifique pour l’arthrose.
L’huile essentielle de gaulthérie (wintergreen) contient jusqu’à 98 % de salicylate de méthyle, un composé proche de l’aspirine. Elle est irritante pour la peau et toxique en cas de mauvaise utilisation. Ne l’utilise jamais pure, pas sur une peau abîmée, et pas si tu es allergique à l’aspirine, enceinte, sous anticoagulants, ou pour un enfant. Demande son dosage à un pharmacien. Les sels d’Epsom donnent un bain chaud agréable, mais l’absorption du magnésium par la peau n’est pas démontrée. Le vinaigre de cidre n’a aucune preuve non plus, et appliqué pur il peut irriter.
L’alimentation : un appui, pas un traitement
Aucun aliment n’est « interdit » en cas d’arthrose. L’alimentation joue de deux façons : sur ton poids, et sur le niveau d’inflammation générale. Les repères qui reviennent dans les études sont ceux d’un régime de type méditerranéen : poissons gras 2 fois par semaine (saumon, maquereau, sardines), légumes et fruits de couleur, huile d’olive, légumineuses, noix. À limiter : les produits ultra-transformés, les sucres ajoutés, l’alcool et les excès de viandes grasses ou charcuteries.
L’oléocanthal de l’huile d’olive vierge a une action proche de celle de l’ibuprofène en laboratoire, mais les quantités nécessaires pour un effet comparable sont très supérieures à ce qu’on consomme. De même, les légumes verts à feuilles apportent de la vitamine K1, pas de K2. Prends ces arguments comme des raisons d’aimer une alimentation variée, pas comme un traitement.
Quels mouvements éviter ?
Pas question de rester immobile, mais certains gestes sollicitent trop le genou arthrosique : s’agenouiller ou s’accroupir longtemps, descendre des escaliers en portant des charges lourdes, sauter, courir sur sol dur pendant une poussée, faire des squats profonds ou des fentes chargées quand la douleur dépasse une gêne légère. Préfère les sports sans impact (vélo, natation, marche nordique, yoga doux) et choisis des chaussures amorties. Si la douleur revient la nuit ou dure plus d’une heure après l’effort, allège la séance suivante.
Semelles, canne, stress, acupuncture, cures : ce que l’on sait
- Semelles : les semelles à compensation latérale, qu’on prescrivait beaucoup, ne sont plus recommandées de façon systématique. Un podologue peut conseiller une chaussure adaptée.
- Canne : tenue du côté opposé au genou douloureux, elle réduit la charge sur l’articulation en phase douloureuse.
- Stress et sommeil : ils ne causent pas l’arthrose, mais ils amplifient la perception de la douleur ; respirer lentement quelques minutes par jour ou dormir mieux aide.
- Acupuncture : quelques essais montrent un soulagement de la douleur, avec un effet difficile à séparer de l’effet placebo.
- Cure thermale : une cure conventionnée de 18 jours peut être prescrite par un médecin pour l’arthrose du genou, avec un bénéfice modeste sur la douleur dans l’étude française publiée à ce sujet.
- Compléments de chondroïtine et de glucosamine : leurs preuves d’efficacité sont insuffisantes ; en France, les médicaments de ce type ne sont plus remboursés depuis 2015.
Gérer une poussée dans les premiers jours
Pendant une poussée, le genou gonfle, chauffe et fait mal même au repos. Quelques gestes aident sans compromettre la suite. Mets le genou au repos relatif plutôt qu’au repos strict : évite les efforts qui déclenchent la douleur, mais garde une marche douce et des mouvements de flexion et d’extension dans le lit ou sur le canapé, pour ne pas t’enraidir. Applique du froid 15 à 20 minutes, plusieurs fois par jour. Surélève la jambe quand tu es assis. Un pharmacien peut te conseiller un gel anti-inflammatoire en application locale ; un traitement par la bouche se décide avec un médecin, car il comporte des risques pour l’estomac, les reins et le cœur, surtout au-delà de quelques jours.
Si la poussée dure plus de 3 jours malgré ces gestes, ou si elle se répète en quelques semaines, consulte. Un médecin peut évacuer un épanchement, proposer une infiltration ou ajuster le traitement de fond.
Ce que le médecin peut proposer
Les traitements médicamenteux de l’arthrose soulagent les symptômes sans réparer le cartilage. On commence en général par le paracétamol aux doses prescrites, puis des anti-inflammatoires en gel, et si besoin des anti-inflammatoires par la bouche sur une courte durée. Les infiltrations de corticoïdes calment une poussée, avec un effet qui dure quelques semaines. La chirurgie, y compris la prothèse de genou, reste réservée aux douleurs qui gênent beaucoup la vie quotidienne malgré les autres mesures. Des techniques comme l’embolisation des artères du genou sont encore en cours d’évaluation et ne font pas partie des soins courants.
Aménager le quotidien pour ménager le genou
- Des chaussures stables, bien amorties, à semelle souple ; évite les talons hauts et les chaussures usées.
- Un siège un peu haut, pour t’asseoir et te lever sans à-coup.
- Une rampe ou un point d’appui dans l’escalier, et une marche à la fois quand la douleur est vive.
- Une genouillère souple si elle te rassure, sans la porter toute la journée : le muscle a besoin de travailler.
- Des pauses toutes les 45 minutes si tu restes assis longtemps, pour éviter la raideur.
Ces ajustements paraissent modestes, mais ils réduisent le nombre de petites contraintes que le genou encaisse chaque jour. Associés à l’exercice et, si besoin, à une perte de poids, ce sont eux qui font la différence sur plusieurs mois.
Un appareil pour soulager la douleur ?
La neurostimulation électrique transcutanée, ou TENS, envoie de petites impulsions à travers des électrodes posées autour du genou. Elle peut calmer la douleur pendant l’usage et un peu après, sans soigner l’articulation. C’est une option parmi d’autres, à discuter avec ton kinésithérapeute ou ton médecin, et les électrodes ne se posent jamais sur une zone abîmée ni avec un pacemaker. Voici un exemple du rayon :

Noté 8,0/10 dans la rubrique électrostimulateurs.
Pour comprendre les différents modes, lis le dossier sur l’électrostimulation des genoux ou parcours les électrostimulateurs du rayon.
Le genou est rouge, très chaud, gonflé, avec de la fièvre : c’est une urgence, car une infection de l’articulation est possible. Va aussi voir un médecin si le genou se bloque, si tu ne peux plus tendre la jambe, si une douleur apparaît après une chute, si le mollet gonfle ou devient douloureux, ou si la douleur te réveille la nuit. Quand les remèdes ne suffisent plus, le médecin peut proposer des médicaments contre la douleur, des infiltrations de corticoïdes ou, plus rarement, une chirurgie. Une algodystrophie du genou est une cause moins courante de douleur persistante, à rechercher par un examen.
Ces conseils ne remplacent pas un avis médical. Si tu prends un traitement, parle à ton médecin ou à ta pharmacienne avant d’associer une plante, une huile essentielle ou un complément.
Tes questions sur l’arthrose du genou et les remèdes naturels
Quelle est la cause d’une douleur au genou ?
Elle vient souvent de l’arthrose après 50 ans, mais elle peut aussi venir d’une lésion du ménisque, d’un ligament, d’un tendon ou de la rotule, ou d’une inflammation comme la goutte. Une douleur après un traumatisme, une douleur nocturne ou un gonflement chaud demandent un examen médical pour identifier la cause avant de choisir un traitement.
Comment savoir si la douleur est de l’arthrose ?
L’arthrose donne une douleur à l’effort qui s’apaise au repos, une raideur courte au lever et parfois des craquements. Le diagnostic se fait par l’examen du médecin et une radiographie, qui montre un pincement de l’espace articulaire. Une douleur nocturne ou un genou chaud et rouge orientent plutôt vers une autre cause.
Quels sont les symptômes d’une crise d’arthrose du genou ?
Une poussée associe une douleur plus vive, un genou gonflé et chaud, une raideur plus longue et parfois un épanchement d’eau dans l’articulation. Le froid, le repos relatif et un traitement antalgique prescrit calment la crise. Si de la fièvre s’y ajoute, ou si le genou devient rouge, consulte en urgence.
Quels aliments faut-il éviter en cas d’arthrose ?
Aucun aliment n’est interdit. Il vaut mieux limiter les produits ultra-transformés, les sucres ajoutés, l’alcool et les excès de viandes grasses, qui favorisent la prise de poids et pèsent sur l’inflammation. Privilégie les poissons gras, les légumes, l’huile d’olive et les légumineuses, dans un régime varié.
Peut-on associer remèdes naturels et médicaments ?
Souvent oui, mais pas sans précaution. L’harpagophytum, le gingembre, le curcuma ou la gaulthérie peuvent interagir avec des anticoagulants ou d’autres traitements. Montre à ton médecin ou à ta pharmacienne le nom exact du produit avant de l’ajouter à ton traitement.
Quand sent-on les premiers effets ?
Pour les plantes, les essais durent de 4 à 12 semaines, avec des effets modestes. Un cataplasme ou une poche de froid soulagent plus vite, mais seulement pour le moment. L’exercice régulier demande 6 à 8 semaines avant de se sentir dans les jambes. Si rien ne change, parle-en à ton médecin.
Cette page s’appuie sur les sources officielles citées dans le texte. Elle ne remplace pas l’avis de ton médecin ou de ton pharmacien.


























